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Auteur : Gérard GUELDRY

La Bataille de Montlhéry

La Bataille de Montlhéry

Il y a 550 ans, le 16 juillet 1465, les territoires de Montlhéry et Longpont étaient le théâtre d’une sanglante bataille entre la Ligue du Bien Public et le roi de France, Louis XI.

Pourquoi cette bataille, qu’elles en ont été les conséquences ?

La bataille de Montlhéry a été une drôle de bataille. Les protagonistes n’avaient apparemment pas très envie d’en découdre. L’issue a été incertaine et les deux parties se sont déclarées vainqueurs. Elle a été marquante aussi car c’est la dernière fois que les grands seigneurs du royaume ont pris les armes contre leur suzerain le roi de France. Il y a bien eu, au fil des siècles, des complots mais jamais jusqu’à livrer bataille. Les deux armées face à face étaient fondamentalement différentes.

D’un coté l’armée royale, réorganisée par le père de Louis XI (Charles VII) en armée de professionnels, avec une hiérarchie et un entrainement tout au long de l’année même en temps de paix et de l’autre un ost féodal dernier vestiges de la période moyenâgeuse.

De l’autre côté, les grands seigneurs. En effet, pendant la guerre de Cent ans, de grandes familles féodales se sont reconstituées. Pour rétablir son autorité, Charles VII a du lutter contre les puissants ducs de Bretagne, de Bourbon, d‘Alençon, d’Armagnac, etc. . Pendant cette guerre les grands seigneurs en ont prit à leurs aises. L’autorité du roi de France est toute symbolique. Charles VII essaiera de les rapprocher du giron royal sans succès. Louis XI continuera cette lutte et passera tout son règne à les combattre et à les vaincre ; l’un de ses plus grands adversaires sera le duc de Bourgogne

Le 22 juillet 1461 c’est la mort de Charles VII à Mehun-sur-Yèvre. Louis XI est absent lors des funérailles royales à Saint-Denis, montrant ainsi le peu d’estime qu’il porte à son père. Il montre aussi un de ses traits de son caractère, il a la rancune tenace. Trois semaines plus tard Louis XI est sacré à Reims. Lors de l’entrée de Louis XI dans Paris, le 30 août 1461, Philippe III Le Bon, le duc de Bourgogne, se fait remarquer avec son escorte comptant pour la moitié du cortège et comprenant une imposante troupe en armes

A l’arrivé au pouvoir de Louis XI, c’est le grand chambardement. Le nouveau roi fait place nette et tout ce qui a trait de loin ou de près à Charles VII est remis en cause. Il efface l’administration de son père. Il révoque de nombreux officiers (Chancelier, président du parlement, baillis, sénéchaux,….). Il crée ainsi un grand mécontentement. Les seigneurs se regroupent contre Louis XI et on retrouve bon nombre de ces révoqués dans leur rang.

La Ligue du Bien Public se forme en 1465.

Il y a, bien sûr, deux versions qui s’opposent, celle où les seigneurs ne pensent qu’au peuple et défendent les intérêts généraux et celle où ils cherchent surtout à défendre leurs avantages. Il est difficile de choisir l’une ou l’autre ; on remarquera, cependant, que, déjà à cette époque, les grands de ce monde pense que les impôts sont trop élevés et qu’il faut les diminuer…l’histoire se répète.

Les deux principaux conspirateurs sont, pour des motifs différents, le Comte de Charolais et le Duc de Bretagne.

  • Le comte de Charolais : Charles n’est, à ce moment, ni duc de Bourgogne, ni encore le Téméraire. Il n’a jamais admis la perte des villes Picardes rachetées par Louis XI en 1463 à son père, Philippe le Bon. Il soupçonne également le roi d’avoir voulu le faire assassiner à deux reprises en 1462 et en 1464. La dernière ambassade avait été fort peu amicale et Charles avait dit aux plénipotentiaires, en novembre 1464, … qu’avant un an le roi s’en repentira…
  • Le duc de Bretagne : François II, duc de Bretagne, cherche à sauvegarder l’indépendance de son duché. Mais une autre raison motive aussi son ralliement. En supprimant l’hommage simple rendu par les Ducs de Bretagne, Louis XI a fait savoir, clairement, que le duc de Bretagne est son sujet. En effet jusque dans les années 1460 les rois de France n’exigeaient des ducs de Bretagne qu’un hommage simple, c’est à dire que le duc s’y présentait debout l’épée au coté et non à genoux. A cette suppression, le duc de Bretagne rétorque qu’il n’est pas bon de faire courber l’échine à celui qui n’a jamais ployé le genou….. »

D’autre part, en s’alliant au Sforza qui possèdent le duché de Milan, Louis XI crée un problème important car le duché de Milan est revendiqué par la famille d’Orléans et le duché de Naples par les Angevins. Cette alliance contrarie ces familles au point qu’elles décident de rejoindre la Ligue. Certains grands seigneurs ont été des victimes directes des révocations du début du règne et ils voudraient bien récupérer leur charge et surtout les avantages qui y sont attachés. Jean de Bourbon, Jean V comte d’Armagnac, Jean d’Alençon…. Quant au frère du roi, Charles, le duc de Berry, qui sait qu’il n’a aucune chance de monter sur le trône sinon d’éliminer Louis XI, il rejoint la Ligue pour cette raison. Il y sera placé en prête-nom à sa tête.

On voit que les motifs de la création de la Ligue s’éloignent un peu du Bien Public.

Avant bataille, la campagne du Bourbonnais

Au mois de mars 1465, le premier à déclencher les hostilités est Jean II de Bourbon, le beau-frère du roi, qui donne l’ordre que « dans tout le pays de son obéissance » on se saisisse des gens du roi. Bourbon rassemble troupes et alliés. Chaque place forte reçoit une importante garnison. Louis XI décide de réprimer le soulèvement de son beau frère et de mener campagne dans le Bourbonnais. Elle commence le 13 mars à Poitiers

Le 16, il est à Thouard, il passe par Saumur la première quinzaine d’avril puis Tours, du 20 au 24 avril ; Amboise, le 26 avril ; Saint-Aignan, le 28 ; Issoudun, les 4 et 5 mai ; Saint-Amand-Montrond, le 7 mai et Lignière, le 9 mai. Le 12 mai, il assiège Montluçon. La ville se rend après une journée et une nuit de siège, après avoir reçu la garantie du roi d’avoir la vie sauve. Devant la clémence du roi d’autres villes du bourbonnais se soumettent. La campagne s’accélère et le 21 juin l’armée royale se regroupe à Gannat. Après une brève résistance le château est pris. Et là, changement de décors,   Le roi laisse ses troupes mettre à sac la ville. Le 23 juin l’armée royale est aux portes de Riom. La paix est signée et les seigneurs de Nemours, d’Armagnac, d’Albret prennent le parti du roi. Nous sommes fin juin et le roi est aux portes de Clermont-Ferrand. Jusqu’au 3 juillet il reste dans la région, mais dès qu’il est informé des mouvements de troupe de la Ligue, il décide de remonter sur Paris. Comme ses troupes ont déjà menée campagne et qu’il leur faut repartir à pied, ce n’est que le 11 juillet qu’elles atteignent Beaugency et le 13 juillet Orléans. Le 14 elles arrivent à Etampes et le 15 à Etrechy. Nous sommes la veille de la bataille et il n’est pas encore arrivé sur le champ de bataille.

Pendant ce temps les armées de la Ligue 

La course vers Paris de l’armée bourguignonne ne commence pas à Dijon mais à Mézières et Saint Quentin lieu de leur rassemblement. Le 5 mai l’armée bourguignonne prend la direction Paris. Malgré tout ce n’est pas aussi facile. Elle doit batailler car elle traverse les terres picardes qui sont fidèles au roi. Le 6 juin l’armée franchit la Somme à hauteur de Bray. Après quelques escarmouches et batailles, il franchit l’Oise à Pont-Sainte-Maxence. Le 5 juillet Charles est à Saint-Denis il attend ses alliés comme il a été convenu avec le duc de Bretagne. Malgré tout, il y a quelques combats pour tester la résistance des parisiens. A cette date, le roi est encore vers Riom et commence à remonter vers Paris.

L’armée bretonne est forte de 12 à 15000 hommes avec une artillerie conséquente. Elle est commandée par les ducs de Bretagne et du Berry, de bons capitaines la composent dont la plupart on été évincés par Louis XI. En Avril- mai 1465 le regroupement se fait à Chateaubriand. La difficulté principale de cette armée est le manque d’argent ; François II envisage même de quitter la Ligue. Le 13 juillet les Bretons arrivent à Châteaudun. Ils restent sur place car il n’y a plus d’argent dans les caisses. Le comte du Maine qui était chargé par Louis XI de les arrêter ne les attaque pas mais, avec ses troupes, il rejoint Louis XI à Montlhéry

Les armées en présence

L’armée royale

Les troupes royales sont constituées en armée régulière permanente sous la forme de compagnie d’ordonnance composée des troupes de la «petite ordonnance» ou «mortes payes» et des troupes de la «grande ordonnance» composée par les francs archers, la garde écossaise l’artillerie le ban et arrière-ban.

Cette organisation de l’armée date de 1445 et a été mise en place par Charles VII C’est une armée professionnelle avec une organisation moderne assez proche de ce que l’on connaît aujourd’hui.

Tout d’abord les mortes payes, ce sont des troupes de garnison qui assurent le contrôle permanent des nombreuses places fortes du royaume. L’expression est utilisée de leur création jusqu’au XVIIème siècle. Leur organisation est similaire à celle des compagnies d’ordonnance. L’unité de base est la «lance». Composée d’un homme d’armes, d’un valet et de deux archers, l’organisation de la lance de la grande ordonnance est un peu différente. Ils n’ont pas de chevaux puisque ce sont des troupes d’infanterie et sont chargées de défendre les places fortes et les villes

Les troupes de la «grande ordonnance» sont celles qui vont livrer bataille et que l’on retrouve à Montlhéry. Ce sont des compagnies de cavalerie dont les chefs ont été ordonnés par le roi. Chaque compagnie est composée d’un certain nombre de lances Chacune des lances comprend 6 hommes à cheval mais combattant à pied : Un homme d’armes, en armure, qui commande la lance .qui est un noble, 1 coutilier 1 page, 2 archers, 1 valet. La lance de grande ordonnance compte 2 hommes de plus que la lance des mortes payes. Un an avant Montlhéry, l’armée royale compte 1765 lances (10590 hommes) 23 compagnies dont 12 de 100 lances Les compagnies ne comptent pas le même nombre de lance certainement en fonction du seigneur qui commande. Le coutilier est un soldat armé d’une lance et d’une dague, il est revêtu d’un haubergeon de mailles surmonté d’une brigandine. L’origine de son nom vient de la coutille(ou costille), qui était une épée courte ou dague large et tranchante fixée à une hampe. La coutille est une arme à allonge, qui permet d’attaquer des adversaires distants de 3 mètres. C’est la longueur de la hampe qui donnait la distance. Généralement les armes de l’époque étaient issues des outils de tous les jours que l’on adaptait pour s’en servir comme armes.

L’armée royale est composée aussi d’une infanterie de campagne régulière, les francs archers. Ces troupes ont été crées par l’ordonnance du 28 avril 1448.Il s’agit d’une milice paroissiale. Le quota en est 1 archer pour 80 feux. Le franc archer ne paye pas la «taille» il est exonéré de cet impôt ; il touche 4 livres tournois et son équipement est payé par la paroisse, mais, en contre-partie, il doit s’entraîner chaque dimanche au tir à l’arc. Ils étaient facilement et rapidement mobilisables et en principe, régulièrement entrainés et bien équipés. Son équipement: arc ou arbalète, épée, dague, jaque et salade

Des documents attestent de l’existence de la Garde écossaise en 1425. Ce corps d’armes est connu sous le nom «d’archers des gardes du corps du roy» et sera intégré en 1460 dans ce qui devient la première compagnie des gardes du roi dite « écossaise ». À l’intérieur de celle-ci, 25 archers gardes du corps gardent d’énormes privilèges (le terme de «garde de la manche » employé pour ces 25 gardes signifie qu’ils se tenaient à côté du roi pour le protéger). Ce corps garde cette composition jusqu’à sa disparition en 1830. La garde écossaise était également employée comme unité combattante. Nombre de ses membres furent tués à la bataille de Montlhéry

L’artillerie est l’une des plus modernes de l’époque. Le personnel permanent se compose vers 1465 de 40 à 45 hommes. Les pièces sont légères, assez facile à manœuvrer et peuvent être rapidement mise en batterie. Les boulets sont en pierre et on commence à voir l’apparition des boulets en fonte.

Les troupes composant le ban et l’arrière-ban ne sont pas permanentes. Cela concerne les nobles et possesseurs de fiefs. Ils servent comme hommes d’armes avec 2 ou 3 chevaux et 1 ou 2 auxiliaires. Dès mars 1465 Louis XI fait appel aux nobles de toutes les provinces

L’armée bourguignonne

L’armée bourguignonne est un ost féodal soumis à une hiérarchie précise. Dans le droit féodal, le roi ou le seigneur publiait son ban de guerre et convoquait ses vassaux sous sa bannière et à son « ost » (armée), « que de se procurer les moyens de combattre ».Les hommes d’armes servaient pour un temps déterminé (de quarante à soixante jours). Quiconque désobéissait devenait félon et, comme tel, était privé de son fief et de ses droits. Ce pouvoir de « ban » dont disposait le seigneur était l’un des rouages essentiel de la féodalité. Il permettait d’ordonner, de contraindre et de châtier en fait, le vassal n’avait pas d’autre choix que de répondre au suzerain …mais on imagine la motivation de la troupe

C’est Charles qui dirige sur le terrain son armée. Il est secondé sur le champ de bataille par 3 lieutenants: Antoine, Bâtard de bourgogne, Adolphe de Clèves seigneur de Ravestein, Louis de Luxembourg comte de Saint-Pol qui est qualifié par Commynes de « principal conducteur de ses affaires et le plus grand chef de guerre ». Chaque lieutenant, en fonction de son statut, a sous ses ordres plus ou moins de seigneurs. Par exemple Saint-Pol 39, Ravestein 17, le Bâtard 9

Les archers représentent le gros de la troupe bourguignonne Ils représentent près de 80% de l’effectif. Le parc de l’artillerie bourguignonne est considéré comme un des plus considérables du XVe siècle (443 bouches à feu pour cette campagne).

Les préparatifs

Le 15, veille de la bataille, Louis XI est à Etampes. Il apprend que Charles a passé la seine à Saint Cloud et s’installe à Longjumeau. Les Bretons ont repris leur marche. Lorsque Louis XI tient conseil, tous ces partisans lui conseillent de ne pas livrer bataille. Louis XI décide malgré tout de livrer bataille et de ne pas tenir compte de leur avis. Pourquoi cette décision. Les troupes bretonnes ont repris leur marche en avant et vont grossir l’armée bourguignonne. Il a donné l’ordre au commandant de la place de Paris de sortir avec des troupes et de prendre les bourguignons à revers. Le créneau pour livrer bataille est étroit. La décision est prise malgré l’absence d’une partie de ses troupes et principalement l’artillerie. Pendant ce temps les bourguignons attendent sur place tranquillement.

Le jour de la bataille les bourguignons se mettent en place. Saint Pol le comte du Luxembourg est prêt très tôt le matin. D’après les textes, Saint Pol couchait dans le village de Montlhéry et quand il vit les 400 hommes arrivés il a pensé que c’était l’armée royale et il s’est vite replié pour prendre sa position sur le champ de bataille.

Le fait que les champs soient cultivés et que l’on soit en plein été avec une forte chaleur aura une conséquence sur l’issue de la bataille. Les troupes à pied et notamment les archers seront les 1ères victimes. Les troupes bourguignonnes n’ont aucune visibilité. Surtout qu’à cette époque, les tiges de blé étaient plus hautes qu’aujourd’hui et la taille moyenne des hommes plus petites.

La position de l’armée française est meilleure mais ils ne sont que 400 et le reste de la troupe avec le roi arrivent sur les hauteurs de Montlhéry vers 10 – 11 heures. L’avantage est que le roi et ses troupes sont en meilleure situation : ils dominent.

L’armée bourguignonne prend position sur la plaine; les combats tardant à démarrer, un grand désordre règne; Les cavaliers sont à pied, certain pages ont emmenés les chevaux à l’arrière, bref pas d’organisation; Il faut dire qu’à cette époque on se battait à pied, les chevaux servaient pour les déplacements

Du coté des français, difficile de donner un effectif, les hommes arrivent au fur et à mesure sur le champ de bataille ; on l’estime à 12 000 à 13000 hommes. Le roi tergiverse et retarde le combat pour avoir le maximum de combattant mais aussi en espérant le renfort des parisiens. Dans les textes il est noté une haie que l’on ne sait pas trop positionner aujourd’hui mais qui se trouvait sur l’aile droite des français, du coté de Pierre de Brézé. Elle aura son importance au début de la bataille.

La bataille

La bataille débute par un échange de tirs d’artillerie entre les pièces bourguignonnes et les quelques canons français. Ils ne sont pas encore arrivés sur le champ de bataille. Il y a peu de dégât, trop d’imprécision dans les tirs. Au environ de 14 heures Louis XI se prépare à passer à l’attaque. Il semble convaincu que les parisiens ne viendront pas le renforcer. Il se décide pour une attaque roulante, Pierre de Brézé en 1ère vague, lui en 2ème vague et enfin le comte du Maine. Si tout va bien il espère que celui ci choisira de se battre au coté du vainqueur. Dans l’autre camp Charles tergiverse, doit il temporiser ou s’engager? Les parisiens risquent d’arriver S’il attend trop, le gros de l’artillerie ainsi que le reste des troupes à pied du roi vont finir par arriver.

La bataille s’engage, les archers bourguignons qui sont en fait des archers anglais commencent à envoyer leurs traits. A ce moment la cavalerie de Brézé se repli derrière la haie. Stratégie ou repli pour éviter les flèches bourguignonnes ? C’est toujours une interrogation. Les bourguignons croient à une fuite. La cavalerie bourguignonne charge dans une totale confusion. Elle n’était pas prête, la pseudo fuite de Brézé a déclenché une euphorie, beaucoup de cavaliers n’avaient pas leurs chevaux, les pages les avaient retirés du champ de bataille pour ne pas les effrayer c’est le plus parfait désordre. De peur de rater cette éclatante victoire les chevaliers bourguignons se précipitent dans la mêlée et écrasent au passage les troupes à pied qui sont devant (archers anglais).

C’est alors que Brézé fait demi tour et dévale la colline de chaque coté de la haie en deux corps parfaitement disciplinés; On peut supposer que le repli était une stratégie pour surprendre les bourguignons. Et c’est la débâcle des bourguignons

Les bourguignons étaient plus entrainer pour les tournois sur la place de Bruges que pour une charge de ce style et ils prirent rapidement la fuite. C’est au cours de cette charge que le sénéchal de Brézé fut tué. On voit la croix commémorative sur le champ de bataille.

Toute l’aile gauche bourguignonne est entrainée dans la déroute. Les français les poursuivent jusqu’au charroi mais l’appât du gain est le plus fort A l’époque, les seigneurs se déplaçaient avec leur trésor et toutes les vivres et boisson pour la campagne. Les français n’ont pas pu résister à l’appât du gain et aussi du vin et des provisions. Les bourguignons se reprennent, se regroupent et repartent à l’attaque. Ils se retrouvent encerclés dans les chariots et se font massacrer, après être descendu de cheval et certainement commencer a abuser du vin qui était à leur disposition Avec la chaleur cela n’a pas du arranger leurs états..

Louis XI de son poste d’observation sur la colline voit la débâcle de Saint Pol décide alors de porter son effort sur le gros des troupes bourguignonnes dans la partie centrale du champ de bataille. Le choc est terrible et les troupes d’élite de Louis XI que sont les Dauphinois et la garde écossaise sont au cœur de la mêlée. Louis XI en chef de guerre est à leur tête. Les troupes bourguignonne pas habituées à cette furia sont partout en débandade Il reste au comte du Maine sur l’aile droite avec Charles en face de lui à terminer le travail…..Comme Louis XI l’avait demandé, le comte du Maine se lance dans la bataille. Il s’élance pour mener l’assaut mais avant d’arriver au contact des troupes de Charles, il fait demi-tour et s’enfuit. Différentes versions pour cette fuite, il croit le roi mort, le comte du Maine était venu pour obtenir un traité et ne voulait pas se battre, il aurait pactisé avec la ligue du bien public ???? En se sauvant le Duc du Maine entraine à ses trousses une bonne partie de la cavalerie de Charles et le duc de Bourgogne en personne en bon général se lance à sa poursuite quittant ainsi le champ de bataille. Une partie de l’aile gauche bourguignonne rejoint tout de même la mélée.au centre ce qui fait basculer l’issue de bataille Avec difficulté, ses capitaines le convainquent d’arrêter la poursuite. Il fait demi-tour et regagne le champ de bataille. En route, il croise une bande de soldats français qui n’avaient pas encore rejoint leurs positions à la bataille de Montlhéry.Dans la bataille qui s’en suit, le porte étendard de Charles est tué. Lui-même est blessé au cou au cours de cette escarmouche.

Pendant ce temps sur le champ de bataille les artilleurs des 2 camps ont amené les canons champ de bataille; Les boulets font faisaient des dégâts. De Haynin évoque « la grande frayeur et les terrifiantes mutilations » La monture de Louis XI est transpercée d’une lance. Ses gens le croient mort et c’est un peu la débandade du coté français. .Louis est rapidement remis sur une monture et rassemble ses troupes. Malgré tout ils contiennent difficilement les attaques des Bourguignons. Car une partie de l’aile droite des Bourguignons est venue renforcer les troupes du Batard ce qui a inversé le rapport de force. C’est une mêlée de toutes les troupes encore disponible Heureusement Louis est entouré de sa garde écossaise et des dauphinois. A 19 heures, Louis et le gros de ses troupes se replient sur la colline et le château de Montlhéry. Les bourguignons n’en demandaient pas tant et se replient vers les bois et leur « charroi ». Charles, de retour, organise le reste de son armée pour être prêt à repousser une attaque. Les bourguignons sont démoralisés. Charles est assez convainquant pour maintenir le reste de ses troupes sur le champ de bataille. Il envoie des éclaireurs qui aperçoivent les feux des français. Et ne vont pas au contact. Ils rendent compte que les français occupent Montlhéry.

Si on fait le bilan de cette journée de bataille enfin de cette demi-journée

Aucun des belligérants n’est parvenu à remporter une victoire décisive et à prendre un ascendant sur l’autre. Plusieurs facteurs expliquent ce double échec : d’abord, l’absence d’ordre : en effet, une fois leur place assignée, les hommes ne reçoivent plus d’ordres et ils ne respectent pas ceux qu’ils ont reçus ; puis la fatigues (les hommes n’ont reçu ni eau, ni nourriture de la journée) ; enfin le hasard et la peur : l’artillerie provoquant des blessures inconnues jusqu’alors et le bruit des canons effrayant les chevaux.

Au matin du 17, Charles fait sonner les trompettes et l’ost bourguignon se reforme en ordre de bataille prêt à en découdre avec l’ennemi. Une reconnaissance est menée à Montlhéry pour voir où en sont les Français. C’est Olivier de la Marche qui conduit cette reconnaissance et sa surprise est grande. Les troupes françaises ont quittées le champ de bataille ; il trouve les corps de nobles de l’armée française dans une maison de la ville, notamment celui du Sénéchal de Normandie Pierre de Brézé.

En fait, les Bourguignons sont très satisfaits de trouver la place vide. Ils prennent du repos dans les maisons de Montlhéry. Les habitants du village sortent de leur cachette et le commerce reprend avec les Bourguignons affamés. Les affaires reprennent. Ils n’y a pas eu d’exaction sur la population de la part des Bourguignons. Malgré tout les Français occupent toujours le château et tirent avec leur artillerie sur les Bourguignons mais sans dommage pour eux.

Après son repli au château Louis XI décide de rentrer à Paris. Comme les Bourguignons occupent la plaine et la route de Paris il passe par Corbeil ou il fait étape et rentre à l’abri des remparts de Paris le 18. On imagine que son armée est contente de rentrer dans la capitale après toutes les longues journées de marche depuis la campagne du Berry.

Pendant ce temps l’armée de Charles reste sur le champ de bataille et ne poursuit pas Louis XI. La tradition voulant, en ce temps, que pour être déclaré vainqueur, il fallait parcourir le champ de bataille pendant trois jours, Charles parcourt donc le champ de bataille pour montrer qu’il est le vainqueur. Le 19, les Bourguignons gagnent Etampes et s’emparent de la tour ainsi qu’une partie des bijoux du roi que celui-ci avait laissé en garde avant la bataille. Charles patiente encore deux jours à Etampes pour attendre l’armée bretonne. C’est la que se situe l’anecdote du premier feu d’artifice. Un soldat breton du nom de Jean Boutefeu fait partir un trait de feu qui serpente dans le ciel et vient frapper la façade où se tenaient les princes qui se croient attaqués. Après enquête le coupable est trouvé et après explication et de nouveaux tirs, tout le monde s’en amuse. Le 31, les princes avec les armées bourguignonnes et bretonnes quittent Etampes pour Milly-en-Gâtinais.

Bien sur les deux parties s’attribuent le gain de cette bataille.

Charles parce que, conformément à la coutume, il était resté maître du champ de bataille pendant trois jours et, de plus, il avait fait main basse sur l’artillerie royale (en fait il avait capturé le chef de l’artillerie royale, mais le gros de celle-ci n’était pas encore arrivé.

Louis XI s’attribua, également, la victoire en considération de ses pertes qui étaient bien plus   faibles que celles son adversaire. C’est aussi recevable

Pourquoi il n’y eu pas de vainqueur ? Chaque partie aurait pu prendre un avantage décisif. Louis XI en début de bataille aurait pu l’emporter si son aile droite au lieu de poursuivre l’ennemi, n’avait décidé de s’arrêter à leurs charriots pour vider leurs tonneaux de vin. Mais aussi, si le comte du Maine n’avait pas fait demi-tour avec ses hommes sans livrer bataille, privant ainsi Louis XI du tiers de son effectif, et si Rouault était sorti de Paris pour prendre les Bourguignons à revers. Les Bourguignons, aussi, auraient pu l’emporter si lors de la fuite du comte du Maine, Charles ne l’avait pas poursuivi, abandonnant ainsi le champ de bataille.

En ce qui concerne les pertes, plusieurs versions s’affrontent. Il est, en effet, difficile de connaître le nombre de tués de chaque camp car, au soir de la bataille, les morts avaient été dépouillés par les soldats et habitants de la région, faisant disparaître tout indice d’appartenance à un camp.

L’opinion des paysans de la région et les gens de guerre mentionnent la mort de 600 hommes du roi et 2300 Bourguignons. Jean de Roye évoque 3600 tués ; Commynes parle d’un total de 2000 tués.

Après la bataille

Les armées de la Ligue prennent leur temps pour rejoindre Paris. D’abord, elles gagnent Milly-en-Gâtinais, ensuite Larchant, puis s’installent quelques jours à Moret sur Loing et Saint-Mammes jusqu’au 9 août où elles sont rejointes par les troupes venant de Bourgogne. Le 10, ils sont à Provins ; le 15, à Brie Comte Robert, le 16 à Charenton et les Bourguignons installent leur quartier général à Conflans.

Louis XI, après la bataille, n’est pas resté inactif. Le 10 août, pendant que les troupes de la Ligue sont à Provins, il décide de quitter Paris pour se rendre en Normandie. Son objectif est double : d’une part, parer à une éventuelle agression anglaise (la fin de la guerre de Cent ans n’est pas si loin et les Bourguignons sont les alliés des Anglais et, d’autre part, ramener des renforts sur Paris (en effet, le roi est en infériorité numérique par rapport aux princes et la Normandie est la plus riche province du royaume où 1800 lances sont stationnées).

Devant cette situation d’extrême urgence, même l’arrière-ban est requis.

Le 19, l’armée des coalisés se présente au pont de Charenton. Le 29, le roi rentre à Paris avec 70000 hommes et de l’artillerie. A partir de cette date les troupes royales se montrent plus agressives et les sorties et les tirs d’artillerie sur les positions bourguignonnes se multiplient. Le déploiement de troupes royales sur la rive gauche est assez préoccupant pour la Ligue. Les coalisés ne parviennent pas à couper l’approvisionnement en vivres de Paris et sont incapables d’emporter la ville de vive force. Et l’automne arrive avec ses pluies.

Toutes ces constatations amènent les coalisés à demander une trêve au Roi pour négocier. Les tractations ont lieu au cours du mois de septembre. Le roi n’accorde rien et des désunions commencent à poindre entre les princes, chacun se méfiant de plus en plus des autres.

Avant la fin des négociations Charles décide de passer à l’attaque. Il franchit la Seine mais est repoussé à chaque fois. Dans la plupart de ses escarmouches, l’avantage est aux gens de Roi, mais tout ne se passe pas aussi bien pour le roi et les trahisons se succèdent. Il ne lui reste plus qu’à négocier et après avoir montré ses talents de guerrier, montrer ceux de négociateurs. Comme à son habitude et comme il le pratiquera plus tard, Louis XI négocie séparément avec les ligueurs. Et comme souvent, les principaux princes vont obtenir des avantages significatifs ce qui les séparera des autres ligueurs et comme ils ont ce qu’ils veulent ils hésiteront à se soutenir lorsque le roi reprendra ce qu’il a donné. Bon nombre des ligueurs payeront de leur vie, plus tard, cette rébellion.

Cette bataille de Montlhéry marquera un tournant important dans la royauté, c’est la dernière fois que les princes et seigneurs ont pris les armes contre le roi de France. Par la suite il y aura bien des complots mais plus jamais de bataille rangée.

L’HÔTEL-DIEU de Montlhéry

L’HÔTEL-DIEU de Montlhéry

La tradition hospitalière est restée imprégnée pendant des siècles par la pensée et par l’action chrétienne qui l’ont inspirée dés le début. On trouve d’ailleurs la même racine dans hospitalité, hospice, hôpital ou hôtel Dieu. Ce sont les congrégations et ordres hospitaliers qui ont véritablement structuré le mouvement hospitalier au XIIème siècle. Ces hôpitaux avaient surtout la vocation d’hospice, lieu d’hébergement, de réconfort, d’accueil et de soins pour les pauvres, les malades, les femmes en couche et les enfants abandonnés. A cette période les établissements spécialisés n’existaient pratiquement pas et s’y entassaient toutes les plaies du paupérisme

Quelques dates importantes de la naissance du mouvement hospitalier :

  • 511 Le concile d’Orléans impose aux évêques d’assurer nourriture et logement aux pauvres et aux malades de leur diocèse et l’accueil des voyageurs
  • 520 Premières mentions de la construction d’un Hôtel-Dieu en France par l’évêque d’Arles saint Césaire [503-543].
  • 816 Le concile d’Aix-la-Chapelle prescrit la création d’hôpitaux aux frais de l’Eglise.
  • 1149 Louis VII dote Montlhéry de l’Hôtel Dieu et de la chapelle du Mont Carmel attenante.

L’hôtel Dieu est le lieu où sont admis tous les malades pauvres sans différence, de maladie, de sexe, de durée. L’hôpital : est une maison où l’on offre l’hospitalité. Une maladrerie ou ladrerie est une léproserie. C’est un lieu d’isolement et de prise en charge des malades de la lèpre .On les trouvait au bord des routes jamais dans les villes ou village et leurs chapelles étaient souvent dédiées à Saint Lazare ou à Marie Madeleine. L’Hôtel-Dieu fut fondé en 1149 par Louis VII à son retour de la seconde croisade. Le seul élément qui nous reste est le porche qui a été restauré récemment. Il est orné de plusieurs têtes sculptées représentant la Peste, la Fièvre et le mal des Ardents. On distingue également des ornements végétaux et des bustes de sirènes qui décorent les chapiteaux.

  • 1697: Louis XIV décide l’adjonction de « La maladrerie de Linois » à l’Hôpital    de Montlhéry
  • 1728: Premier arrêt de la cour de parlement pour l’administration et le    gouvernement de l’Hôtel Dieu de Montlhéry.
  • 1950: Transformation de l’Hôtel Dieu en hospice
  • 1975: Transformation de l’Hospice en Maison de retraite départementale :         reconstruction des U.S.N.
  • 1999: Reconstruction totale de la maison de retraite « Résidence File-Etoupe »
  • 2001: Transformation de la maison de retraite en Etablissement d’Hébergement pour Personnes âgées dépendantes. (E.H.P.A.D.)

Quelques éléments de vie aux 16ème et 17ème siècles

En 1570, les habitants proposèrent à la garde de cet «hostel Dieu» la personne de sœur Marie Lenormant religieuse de l’abbaye de Dourdan, ordre de St Benoît (François Dinan prévôt de Montlhéry « Etat du comte de Montlhéry,) Sœur Marie Lenormand a été une figure de l’hôtel Dieu et surtout on a des documents nous parlant de son long passage à la tête de cet établissement. Elle décéda en 1601.

En 1644 Jean Josse, administrateur deux mois après sa prise de fonction nomme sœur Catherine Bourguillot religieuse de l’ordre de St Benoit à la tête de l’établissement. Comme il n’y a plus d’oratoire à la chapelle, il est décidé d’en faire un dans un recoin de la salle des hommes que l’obscurité du lieu faisait servir de cloaque. Depuis lors, la religieuse fait dans ce petit oratoire, tant en public qu’en particulier, pratiquer des exercices de dévotion et des messes sont dites tous les jeudis. La cérémonie du lavement des pieds à la vue de tous les habitants du bourg et des villages et la décoration extraordinaire de cet oratoire y attirent grande affluence. La sœur désire que cet oratoire soit érigé en chapelle, le curé de Montlhéry est ennemi de ce projet.Un jugement ordonne la démolition de l’oratoire au soin de la religieuse.

En 1689 François Dinan prévôt de Montlhéry écrit dans « Etat du comte de Montlhéry » L’hôtel-Dieu ou hôpital de Montlhéry est un des plus anciens édifices de Montlhéry. Il parait de par sa structure et l’épaisseur extraordinaire de ses murs, tant du dedans que du dehors, que cette place pouvait être un lieu de défense en temps de guerre. Elle est assise près de l’église paroissiale qui était autrefois la chapelle sous le titre de Notre Dame. La maison et le corps de logis sur la grande rue et carrefour de l’église dans lequel sont deux salles pour le repos des pauvres passants une chambre pour les malades, et d’autres chambres. Sur le derrière était autrefois le logement du vicaire et le lieu des petites écoles entres lesquels il y a un jardin.

Au Moyen-âge, il y avait les maisons hospitalières et les asiles de lépreux. A côté de l’Hôtel Dieu de Montlhéry, il existait une léproserie à Linas.

La maladrerie de Linas était destinée aux lépreux de 16 localités: Linas, Montlhéry, Longpont, St Michel sur Orge, Lyciae (Lisses), Escharcon, Vermagnum (Vert le Grand) Verparyum, (Vert le petit) St Pierre et St Philibert de Brétigny, Boys (non identifié), Marcoussis, Molières, Lymours, Janvry, Forges.

C’était une des plus importantes maladrerie du diocèse

Dés le 17ème siècle, les cas de lèpre deviennent rares et les asiles deviennent inutiles. La maladie régresse depuis un siècle environ.Les années 1600 – 1740 se caractérisent par des regroupements qui se font au bénéfice des villes et des bourgs. Le 31 août 1697 La maladrerie Saint Lazare de Linas est unie à l’Hôtel Dieu de Montlhéry par arrêt du conseil d’Etat de sa majesté ; Le 10 juin 1698 c’est registré au parlement

Un arrest de la cour de parlement du 30/12/1728 précise :

  • Art.23 « Les pauvres malades de Montlhéry et de Linois seront indistinctement reçus dans ledit Hôtel Dieu en sorte néanmois que les 8 lits étant à présent dans ledit Hôtel Dieu, il y en ait cinq affectés pour Montlhéry et trois pour Linois… »
  • Art. 24 « Il y aura deux chambres séparées pour les malades, l’une pour les hommes et l’autre pour les femmes »

Les biens et revenus de la maladrerie de Linas sont unis à l’Hôtel Dieu de Montlhéry et les revenus des deux établissements sont affectés à la nourriture et à l’entretien des malades démunis reçus dans l’hôpital.

Les Filles de la charité

Lettres de patentes du Roi en 1658 qui les mettent sous sa protection. Elles prononcent des vœux simples, pauvreté, chasteté, obéissance, secours aux pauvres. Le recrutement se fait dans les filles du peuple 80% de villageoises, 20% petite et moyenne bourgeoisie. La coutume était d’appeler « SŒUR » l’hospitalière qui assurait le service aux malades. Leur rôle étaient d’assurer le service aux malades, la cuisine, la lingerie, le jardin, l’apothicairerie, l’école….. Et tout ça dans un cadre de discipline religieuse.

Les malades

L’Hôtel Dieu accueille les pauvres qui sont malades. Mendiants et vagabonds sont enfermés dans les « hôpitaux généraux »

Conditions d’admission

Seuls les habitants de Montlhéry ou de Linas étaient admis. Ils leurs fallait un certificat de pauvreté, un examen du médecin de l’hôpital, une décision finale de l’administrateur, et en dernier ressort, l’Hôtel Dieu devait avoir assez d’argent

Les enfants

Les enfants trouvés abandonnés, ou orphelins étaient accueillis à l’Hôtel Dieu. Leur entretien et leur éducation sont à la charge de l’établissement qui les reçoit.

Le personnel médical

Que ce soit dans les statuts de 1701 ou de 1728, il n’est fait aucune mention du personnel médical. Le personnel de l’Hôtel Dieu est composé d’1 médecin et d’1 chirurgien. Ils n’apparaissent pratiquement pas dans les comptes de l’Hôtel Dieu en déduction, ils intervenaient souvent à titre gracieux. Le chirurgien doit accompagner le médecin dans ses visites. Il ne doit entreprendre aucun acte sans lui en avoir demandé l’accord.

Les inventaires

En ce qui concerne l’Hôtel Dieu, entre 1701 et 1793 seuls 7 inventaires ont été retrouvés. Ces inventaires étaient réalisés soit par les administrateurs ou les religieuses. Mêmes s’ils sont incomplets, ils fournissent de nombreux renseignements sur le fonctionnement et l’organisation de l’Hôtel Dieu. On passe de 4 pièces en 1701 à 18 en 1793. Sur l’ensemble du siècle l’Hôtel Dieu a compté jusqu’à 25 pièces. Quelques pièces recensées :   2 chambres de malades, Une apothicairerie, une cuisine, une menuiserie, une bibliothèque, une école, une cave, une chambre à lessive, la chambre des sœurs, la chambre du bureau, une fruiterie, un petit salon, un vestibule, une lingerie, un cabinet à coté de la cuisine, un jardin, … diverses petites chambres…la salle des morts

Les chambres ou salles des malades: Elles sont séparées en fonction du sexe et non pas de la maladie. Elles comprennent 4 à 5 lits par chambre, possèdent chacune un autel, plusieurs chaises et des tableaux religieux aux murs. La chambre des sœurs, elle est placée pas très loin de la chambre des malades au 1er étage, le mobilier est modeste, en 1701,1 seul tableau religieux, 7 en 1791. La chambre du bureau, elle servait aux réunions des administrateurs, aux stockage du linge et habits des sœurs. C’est la pièce la mieux meublée de l’hôtel Dieu.

Les autres pièces, la cuisine était certainement située au rez-de-chaussée de l’Hôtel Dieu. La menuiserie, servait certainement pour la réparation du mobilier en bois. L’apothicairerie, était une pièce de première importance. Les sœurs y préparaient les remèdes, pratiquement vide en 1701 et avec 263 éléments en 1791. La bibliothèque comprenait 9 livres en 1701et 15 en 1751, tous des ouvrages religieux. L’école était très peu meublée, 2 tables, 12 bancs et un autel.

La révolution bouleverse l’organisation des hospices par la suppression des ordres religieux, la nationalisation des biens des hôpitaux. Les hôpitaux sont confiés aux communes par la loi du 16 vendémiaire 1796 et mise sous la surveillance des préfets en 1800. Après une période de laïcité révolutionnaire, le décret de 1809 donne la possibilité de confier le service intérieur des hôpitaux à des sœurs hospitalières venant de congrégations autorisées par l’Etat. En 1905 la loi de séparation de l’église et de l’Etat stoppe l’activité charitable des congrégations et on parle d’hôpital civil. Les sœurs restent à Montlhéry. En 1923, l’Hôtel Dieu est de nouveau nommé hôpital-hospice

Le 24 février 1943, un avis favorable au maintien des religieuses à l’hôpital-hospice est prononcé. Le 22 novembre 1949 les religieuses quittent l’hospice par manque de vocation. A partir de cette date, l’hospice n’a cessé de s’agrandir. En août 1953,il y a aliénation de la ruelle hospice au profit de celui-ci, en septembre 1958 pour l’extension de l’hospice, l’école de musique (place Saintin) est désaffectée. Elle était à cet endroit depuis le 18 juin 1890. En janvier 1959 il y a cession de l’école de musique à l’hospice. En février 1960 un accord de cession l’école des filles et de la maternelle est signé et en avril 1962 l’école et de la salle de musique est cédé à l’hospice.

Les mesures au moyen âge

Les mesures au moyen âge

La canne des bâtisseurs

Au temps de la construction des cathédrales, les ouvriers du bâtiment bâtisseurs émérites, se déplaçaient de chantier en chantier avec une canne qui leur servait de mètre. Cinq marques étaient gravées sur le bois à leur propre mesure. Ne sachant ni lire ni écrire, ils traçaient leurs ouvrages avec une grande précision grâce à ce système de mesure. Lors de la construction de grands édifices, le maître de l’œuvre établissait une règle étalon. Chaque ouvrier possédait ainsi la mesure universelle. On trouve parfois cette mesure sculptée dans la structure de l’édifice. La mesure étalon des ouvriers bâtisseurs était déterminée à partir du diamètre du grain d’orge (0,225mm)

Mesures étalon des ouvriers :

La paume       = 7,64 cm (0,225 x 34)

La palme         = 12,36 cm (0,225 x 55)

L’empan          = 20,00 cm (0,225 x 89)

Le pied            = 32,36 cm (0,225 x 144)

La coudée       = 52,36 cm (0,225 x 233)

SHM1SHM2

C’est une suite de nombres interdépendants dont chaque chiffre est composé de la somme des 2 précédents. Cet ensemble de nombres est nommé la suite de FINOBACCI ‘mathématicien italien 1180 – 1258)

SHM3

La corde à nœuds

SHM4SHM5

Utilisée depuis la plus haute Antiquité, notamment par les Égyptiens, les Grecs et les Romains, la corde à nœuds a servi à tracer et à mesurer les constructions d’édifices.

Cette corde a été à nouveau utilisée par les bâtisseurs romans, du 10e au 13e siècle, et actuellement, au 21e siècle, pour la construction du Château de Guédelon en Bourgogne.

Les bâtisseurs romans, forts de cet héritage1, avaient, eux aussi, des connaissances mathématiques transmises par les œuvres des anciens tels que Euclide, Thalès, Pythagore, Platon, Archimède et Vitruve. Cela leur a permis de faire des tracés géométriques sans calcul permettant l’édification des édifices romans qui font encore de nos jours l’admiration de tous. La corde à 13 nœuds (12 intervalles) est une corde partagée par des nœuds placés à distance égale. Cette distance est appelée la « coudée ». Le nombre de nœuds étant de 13, avec un à chaque extrémité, il y a 12 intervalles (12 coudées). La coudée (lat.cubitus) est une unité de longueur vieille de plusieurs milliers d’années.. La coudée la plus connue est la coudée royale ou égyptienne de valeur 52,36 cm. On remarque que dans le triangle rectangle de rapport 1:2, appelé équerre 1/2, l’hypoténuse étant la racine carrée de 5, soit 2,236, l’addition des valeurs des côtés donne : 1 + 2 + 2,236 = 5,236. De plus, l’équerre 1/2 permet de faire le partage en moyenne et extrême raison d’un segment et déterminer ainsi la valeur , le nombre d’or (1).

Pourquoi « douze » ?

C’est la « dynamique de douze ». Douze est le nombre de la plénitude et de la perfection.

Les bâtisseurs romans choisirent de compter sur une base de douze (système duodécimal) pour des raisons religieuses, philosophiques et mathématiques.

– Une roue de rayon 1 (une unité : 1m, par exemple), donnera un cercle de circonférence 6,2832. Cette longueur divisée par 12 donne la coudée : 6, 2832/120, 5236. – Le système duodécimal (base 12) est encore utilisé de nos jours. On compte les heures en système duodécimal, comme les 12 mois de l’année, les soixante minutes dans l’heure; dans les pays anglo-saxons, on divise le « pied » en douze « pouces ». Il y a douze mois dans l’année et douze signes du zodiaque.

– Les tribus d’Israël et les apôtres sont douze. Le Grand Prêtre offrait douze pains de proposition. Les restes de la multiplication miraculeuse sont recueillis dans douze corbeilles. La prière du « Credo » comporte douze articles. Dans la Bible, on lit : « Puis un grand signe parut dans le Ciel. Une femme revêtue du soleil, la lune sous ses pieds, et sur sa tête une couronne de douze étoiles. »

– Parmi les corps platoniciens, on constate que le dodécaèdre est constitué de 12 faces pentagonales dont chacune contient de multiples occurrences du nombre d’or.

Ce corps lie donc la dynamique de 12 à la dynamique de cinq (le Nombre d’or). De plus, il contient trois rectangles d’or.

(1) Le nombre d’or

C’est un nombre irrationnel tout comme π et e.    Sa valeur découle de l’équation (1+√5)/2= 1,618… si l’on s’arrête aux trois premières décimales car c’est un nombre infini. Il est lié au problème classique de la division d’un segment de droite en moyenne et extrême raison. Le nombre d’or occupe une place tout à fait remarquable dans deux suites très connues :   La 1ère, la suite de FIBONACCI: une suite ordonnée de nombres qui dépend de ses deux premiers termes. Un terme de la suite est égal à la somme des deux termes précédents. Exemple 1, 1, 2, 3, 5, 8, 13 etc.… Dans toutes les suites de FIBONACCI le rapport de deux termes consécutifs se rapproche du nombre d’or, Φ (phi).
La 2éme la suite géométrique ou progression géométrique qui dépend de son premier terme et de sa raison. Un terme est le produit du nombre précédent par un nombre fixé, la raison. Exemple en raison de 2 : 1, 2, 4, 8, 16, 32, 64 etc…

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Documents exposés au château de Najac

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Les péages à Montlhéry et Linas

Les péages à Montlhéry et Linas

Alors que le Grenelle de l’environnement en France a relancé le débat sur le péage urbain, le principe des routes et des ponts à péage est depuis très longtemps au cœur des systèmes financiers des États, constituant une source fiscale importante tout en contribuant au financement des infrastructures de transport. De ce fait, les arguments sur l’équité ou l’iniquité sociale et économique de ces péages sont récurrents dans le débat public.

L’origine des péages en Gaule remonte aux Romains. On les nommait aussi travers, chaussée, rouage, barrage, pontenage, port ou passage. Ils avaient pour objet de pourvoir aux dépenses de construction et d’entretien d’ouvrages nécessaires à la circulation. D’autres péages apparurent avec l’anarchie féodale et étaient des perceptions purement fiscales, souvent des exactions plus ou moins déguisées, au profit des seigneurs propriétaires de fiefs. Sans ces péages dédiés aux routes, la presque totalité des ponts et autres ouvrages destinés à franchir les passages difficiles, qui furent construits en France jusqu’au XVIIème siècle, n’auraient pas existé. Mais, après la construction, il fallait entretenir, réparer et surtout reconstruire. Les nombreux récits de chutes ponts construits au Moyen Âge accusent leur peu de solidité, surtout dans les fondations, et l’inexpérience de leurs constructeurs. D’ailleurs, soit à cause de cette inhabileté pour les maçonneries, soit à cause de l’insuffisance des ressources ou de l’éloignement et des difficultés de transport des matériaux, beaucoup de ponts se faisaient en bois et demandaient ainsi souvent à être renouvelés. Or les réparations et les reconstructions ne se faisaient pas, bien que les péages continuaient à être perçus. Ainsi les péages, nés du besoin de faciliter la circulation, sont devenus un de ses principaux obstacles et ont justifié l’antipathie importante qui a survécu en France à leur généralisation et à leurs abus. Une autre cause de l’impopularité durable qui s’est attachée aux péages, c’est qu’ils n’étaient pas acquittés également par tout le monde. Il y avait des privilèges d’exemption de péages. À partir du XVe siècle, la situation évolue : une sévère lutte du pouvoir royal est engagée contre les péages exigés sans titre. En effet, cette fiscalité féodale sur la circulation est devenue incompatible avec le renforcement de l’État monarchique à la fin du Moyen Âge. Une ordonnance de mai 1413 impose pour la première fois aux seigneurs et aux villes la suppression de péages. Il s’agit du début d’un renversement de tendance. Désormais, les souverains vont abolir un certain de nombre de péages avec ou sans titre créés depuis moins d’un siècle. Les anciens péages sont néanmoins confirmés. Un édit du 15 mars 1430 abolit tous «les péages, travers et subsides, imposés depuis soixante ans sur les marchandises et denrées et défend d’en établir aucun, outre les vrais et ancien péages qui sont conservés». Cette bataille pour l’abolition des péages va durer près de quatre siècles ! Un édit de Louis XII du 15 octobre 1508 exige des bénéficiaires d’un péage l’obligation d’entretenir les routes. Le 29 mars 1515, le roi François Ier révoque par un édit les péages sans permission sur la Loire depuis cent ans et ordonne la vérification des titres des dits péages. L’État cherche à tout prix à se réapproprier l’ensemble des péages. En septembre 1535, des Lettres patentes du roi François Ier sur les droits de péages précise leur affectation : le produit des péages royaux et seigneuriaux doit être employé à la réparation des ponts, chaussées, passages et chemins des pays où ils sont perçus. Pour la première fois apparaît dans ce texte de la Renaissance la notion de service public. Une ordonnance de Charles IX de janvier 1560 impose aux intéressés d’entretenir les ponts et les routes sous peine de perdre le bénéfice du péage. En 1599, Henri IV crée la charge de «grand voyer de France» qu’il confie à son conseiller et ministre Sully. Ce grand commis de l’État réglemente la corvée et affecte les recettes de péages à l’entretien des routes.

En 1661, Jean-Baptiste Colbert, le père de la douane moderne, lance une grande enquête dans tout le royaume qui répertorie plusieurs milliers de péages. La même année, un arrêt du Conseil du Roi enjoint à tous les propriétaires de péages de remettre leurs titres aux commissaires répartis dans les provinces. Une grande réforme des péages est entreprise avec obligation pour chaque propriétaire d’en présenter les titres. Un règlement du 31 janvier 1663 interdit de créer de nouveaux péages, sauf par Lettres patentes du roi enregistrées en parlement. Une déclaration de mars 1668 précise que les détenteurs de droits de péage et autres (bacs, bateaux, ponts, moulins et autres droits sur les rivières navigables, etc.), justifiant d’une possession de cent ans, sont confirmés à perpétuité. En retour, ils doivent verser une redevance du 20ème du revenu. En 1669, Colbert, secrétaire d’État au Commerce et à la Marine, crée des commissaires des Ponts et Chaussées auprès des intendants de province et, l’année suivante, ordonne une inspection générale des voies de communication. En 1724, Louis XV crée une commission chargée de vérifier les titres des propriétaires percevant les péages. Sur 5 658 péages existant sur les routes, ponts et fleuves, 3 521 sont supprimés. L’État se rendant compte qu’obliger les propriétaires à justifier leurs droits n’est pas suffisant pour assainir la situation, l’idée d’une suppression complète des péages pénètre de plus en plus, à partir de 1770, la pensée économique moderne. En 1771, le physiocrate Pierre du Pont de Nemours (1739-1817) préconise de supprimer tous les péages y compris sur les canaux. En 1779, Jacques Necker (1732-1804), directeur général des Finances, crée une nouvelle commission de liquidation des péages ; un arrêt du conseil ordonne que, lorsque le roi juge de supprimer les droits de péage, il sera procédé à la fixation d’indemnités sur l’avis des commissaires du bureau de péages. Les cahiers de doléances font état de nombreux péages qui subsistent encore en 1789. La Révolution française supprime tous les péages, néanmoins demeurent certains ponts à péage et des droits de navigation fluviale. Au XIXe siècle, le principe des voies de communication à péage qui existe depuis l’Antiquité est réhabilité avec le succès notamment des concessions de ponts de Paris. Néanmoins, il faudra attendre le milieu du vingtième siècle pour voir l’État français relancer ce système avec l’essor des autoroutes, ponts et tunnels à péage. À partir du XVIIe siècle, le principe de la recette fiscale a évolué vers la recherche d’un financement des infrastructures. Alors que la Révolution supprime tous les péages (décrets du 15 mars 1790 et du 25 août 1792), la loi du 14 floréal an X (4 mai 1802) réintroduit le système du péage pour la construction de ponts en concession, notamment à Paris. En 1803 est achevé le premier pont métallique construit en France : la passerelle des Arts sur la Seine à Paris ; son péage est d’un sou alors qu’un pain de quatre livres coûte dix sous. La question des ponts à péage ouvre le débat et pose les fondations d’une nouvelle approche économique sur l’utilité des péages. Le péage urbain : un outil de décongestion de la circulation et de limitation de la pollution Après les premières expériences, menées notamment à Singapour , qui a été la première ville dans le monde à avoir adopté un tel système en 1975 – modernisé en 1998 –, et en Norvège – Bergen (1986), Oslo (1990) et Trondheim (1991) –, le péage urbain est devenu un outil de gestion de la circulation qui s’intègre dans une politique urbaine globale. Le succès du péage de Londres (London congestion charge), mis en place en février 2003, a modifié le regard des décideurs français sur le péage urbain. Il fonctionne à partir de caméras de surveillance fixes qui enregistrent les véhicules entrant et sortant de la zone de péage, et qui permettent une lecture automatique de plaques minéralogiques. En janvier 2006, la municipalité de Stockholm a également testé un péage urbain six mois, de janvier à juillet 2006, qui a été pérennisé à partir du 1er août 2007. La ville de Milan, très fortement pollué, a mis en place un péage urbain à partir du 2 janvier 2007. En septembre 2008, c’est au tour de Dublin de lancer un péage urbain par lecture optique des plaques sur son périphérique.

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Dans notre région le péage le plus important était celui de la porte Baudry à Montlhéry. Celui-ci date de 991 et de création de la féodalité par Hugues Capet. Le roi attribue le domaine à Thibault File Etoupe forestier de France, avec toute la justice, métairie,…etc. , ….le marché dans la ville de Mont-le-Héry avec les droits d’étalonnage, péage, ….. à charge qu’il paye pour toujours comme vassal douze marcs d’argent pur, à chaque nouvel évêque de Paris le jour de son investiture. En 1118, la seigneurie est annexée au domaine royal pour devenir une châtellenie dirigée par des fonctionnaires royaux : prévôt, procureur du roi, La particularité de ce péage était qu’il était donné en gestion ou sous loué par le prévôt ou plus tard le seigneur engagiste à des particuliers qui devaient en contre parti leur reversé une certaine somme d’argent. Le péage avait son règlement et l’ordonnance de 1255 détaille toutes les marchandises passant l’octroi de Montlhéry avec le tarif du péage. On trouve de tout : les animaux : vaches, bœufs, cochons, moutons, chevreaux, et même hérissons ou des peaux de lapins, les aliments de base comme le pain, le vin, les oignons, les aulx, les échalotes, les fromages et œufs, etc.… les articles de luxe, les cuirs, de la teinturerie, de l’épicerie, etc. Sous le règne de Saint-Louis, le juif est assujetti à l’impôt au même titre que les marchandises. Une femme payait 6 deniers et 9 deniers si elle « était grosse. Mais comme partout il y a des exceptions. Étaient exempts de péage : les écoliers, les chevaliers, les gens d’église, les marchands se rendant à des foires privilégiées, les officiers royaux, les charbonniers, les artilleurs….etc.

Une particularité était que ce péage pouvait être partagé entre plusieurs locataires ; Par exemple au XIIIème siècle Chestin Brunon jouissait de la moitié du revenu des fours banaux et de celui du quart du péage de Montlhéry.

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Sur un document de 1594, la route est appelée « Chère rue » à cause des péages.

En 1542, un certain Jehan Delaistre, hostellier demeurant à Montlhéry à l’enseigne de l’autruche et Jehan Desbe, marchand demeurant à Montlhéry, confessent qu’ils sont les plus offrants et derniers enchérisseurs du bail de la ferme du péage dudit Montlhéry, et ce pour un bail de 3 ans, moyennant la somme de 395 lt de loyer. Différentes ordonnances imposent au seigneur qui percevait les péages l’obligation d’entretenir les chemins « peuvent les habitans voisins et passans contraindre le seigneur qui prend droit de péage à la réparation des chemins, ponts, ports et passages ».

En 1663 Colbert libère le commerce Il réforme complètement les péages Les abus étaient arrivés à un excès déplorable « le transport des marchandises était presque ruiné par la quantité des péages qui avaient été établis sous divers prétextes ». Une ordonnance royale prescrivit de ne percevoir les péages qu’au nom du roi. La pancarte qui en contenait les droits devait être timbrée de ces mots : de par le roi, et porter les armes royales.

Lorsque la route Royale Paris Orléans a été dévié, le péage de Linas est devenu le plus important La nouvelle route passait par le petit Montlhéry et passait Linas au pont de la Salmouille. Le péage de Linas était affermé pour 3500 à 4000 livres par an alors que celui de la porte Baudry était inférieur à 400 livres.

Le 20 juillet 1697 l’adjudication du domaine de Montlhéry à Jean Phélippeaux mentionne la location du péage de Linas. Il est loué 3800 livres et rapporte environ 4400 livres alors que celui de la porte Baudry est loué 156 livres.

A cette époque on note de nombreuses plaintes des habitants de Montlhéry contre le fermier du péage qui exagère sur les droits pris au péage. Par exemple en 1732 un mémoire est présenté par les habitants de Montlhéry contre le fermier qui occupe le péage, l’accusant de pratiquer un tarif supérieur aux droits légitimes. Malgré tout un arrêt du Conseil d’Etat du Roy du 4 août 1733 maintient ledit seigneur engagiste (le sieur Phelippeaux) dans le droit de péage, pour en jouir et percevoir à Montlhéry et non ailleurs ; et à fixer la qualité desdits droit. En 1763, décès du sieur Phélippeaux, seigneur engagiste de Montlhéry. Les lettres patentes d’engagement du domaine de Montlhéry sont rendues en faveur du comte Philippe de Noailles le 23 novembre 1763 Une bonne nouvelle pour les habitants de la région. Le péage de Linas est supprimé. Seul reste celui de la porte Baudry. Le 21 août 1774 Turgot devient contrôleur général des Finances. Le ministère de Turgot avait entrepris d’importantes réformes. L’arrêt du 15 septembre 1774 prescrit la suppression des droits de péage.

En 1784 une mesure importante a été prise par Louis XVI. Dans son édit de tolérance du mois de janvier, il supprime le péage corporel pour les juifs qui était en place sous Saint Louis. Le péage de la porte Baudry sera supprimé à la révolution par l’abandon des privilèges le 4 août 1789.