L’HÔTEL-DIEU de Montlhéry

L’HÔTEL-DIEU de Montlhéry

La tradition hospitalière est restée imprégnée pendant des siècles par la pensée et par l’action chrétienne qui l’ont inspirée dés le début. On trouve d’ailleurs la même racine dans hospitalité, hospice, hôpital ou hôtel Dieu. Ce sont les congrégations et ordres hospitaliers qui ont véritablement structuré le mouvement hospitalier au XIIème siècle. Ces hôpitaux avaient surtout la vocation d’hospice, lieu d’hébergement, de réconfort, d’accueil et de soins pour les pauvres, les malades, les femmes en couche et les enfants abandonnés. A cette période les établissements spécialisés n’existaient pratiquement pas et s’y entassaient toutes les plaies du paupérisme

Quelques dates importantes de la naissance du mouvement hospitalier :

  • 511 Le concile d’Orléans impose aux évêques d’assurer nourriture et logement aux pauvres et aux malades de leur diocèse et l’accueil des voyageurs
  • 520 Premières mentions de la construction d’un Hôtel-Dieu en France par l’évêque d’Arles saint Césaire [503-543].
  • 816 Le concile d’Aix-la-Chapelle prescrit la création d’hôpitaux aux frais de l’Eglise.
  • 1149 Louis VII dote Montlhéry de l’Hôtel Dieu et de la chapelle du Mont Carmel attenante.

L’hôtel Dieu est le lieu où sont admis tous les malades pauvres sans différence, de maladie, de sexe, de durée. L’hôpital : est une maison où l’on offre l’hospitalité. Une maladrerie ou ladrerie est une léproserie. C’est un lieu d’isolement et de prise en charge des malades de la lèpre .On les trouvait au bord des routes jamais dans les villes ou village et leurs chapelles étaient souvent dédiées à Saint Lazare ou à Marie Madeleine. L’Hôtel-Dieu fut fondé en 1149 par Louis VII à son retour de la seconde croisade. Le seul élément qui nous reste est le porche qui a été restauré récemment. Il est orné de plusieurs têtes sculptées représentant la Peste, la Fièvre et le mal des Ardents. On distingue également des ornements végétaux et des bustes de sirènes qui décorent les chapiteaux.

  • 1697: Louis XIV décide l’adjonction de « La maladrerie de Linois » à l’Hôpital    de Montlhéry
  • 1728: Premier arrêt de la cour de parlement pour l’administration et le    gouvernement de l’Hôtel Dieu de Montlhéry.
  • 1950: Transformation de l’Hôtel Dieu en hospice
  • 1975: Transformation de l’Hospice en Maison de retraite départementale :         reconstruction des U.S.N.
  • 1999: Reconstruction totale de la maison de retraite « Résidence File-Etoupe »
  • 2001: Transformation de la maison de retraite en Etablissement d’Hébergement pour Personnes âgées dépendantes. (E.H.P.A.D.)

Quelques éléments de vie aux 16ème et 17ème siècles

En 1570, les habitants proposèrent à la garde de cet «hostel Dieu» la personne de sœur Marie Lenormant religieuse de l’abbaye de Dourdan, ordre de St Benoît (François Dinan prévôt de Montlhéry « Etat du comte de Montlhéry,) Sœur Marie Lenormand a été une figure de l’hôtel Dieu et surtout on a des documents nous parlant de son long passage à la tête de cet établissement. Elle décéda en 1601.

En 1644 Jean Josse, administrateur deux mois après sa prise de fonction nomme sœur Catherine Bourguillot religieuse de l’ordre de St Benoit à la tête de l’établissement. Comme il n’y a plus d’oratoire à la chapelle, il est décidé d’en faire un dans un recoin de la salle des hommes que l’obscurité du lieu faisait servir de cloaque. Depuis lors, la religieuse fait dans ce petit oratoire, tant en public qu’en particulier, pratiquer des exercices de dévotion et des messes sont dites tous les jeudis. La cérémonie du lavement des pieds à la vue de tous les habitants du bourg et des villages et la décoration extraordinaire de cet oratoire y attirent grande affluence. La sœur désire que cet oratoire soit érigé en chapelle, le curé de Montlhéry est ennemi de ce projet.Un jugement ordonne la démolition de l’oratoire au soin de la religieuse.

En 1689 François Dinan prévôt de Montlhéry écrit dans « Etat du comte de Montlhéry » L’hôtel-Dieu ou hôpital de Montlhéry est un des plus anciens édifices de Montlhéry. Il parait de par sa structure et l’épaisseur extraordinaire de ses murs, tant du dedans que du dehors, que cette place pouvait être un lieu de défense en temps de guerre. Elle est assise près de l’église paroissiale qui était autrefois la chapelle sous le titre de Notre Dame. La maison et le corps de logis sur la grande rue et carrefour de l’église dans lequel sont deux salles pour le repos des pauvres passants une chambre pour les malades, et d’autres chambres. Sur le derrière était autrefois le logement du vicaire et le lieu des petites écoles entres lesquels il y a un jardin.

Au Moyen-âge, il y avait les maisons hospitalières et les asiles de lépreux. A côté de l’Hôtel Dieu de Montlhéry, il existait une léproserie à Linas.

La maladrerie de Linas était destinée aux lépreux de 16 localités: Linas, Montlhéry, Longpont, St Michel sur Orge, Lyciae (Lisses), Escharcon, Vermagnum (Vert le Grand) Verparyum, (Vert le petit) St Pierre et St Philibert de Brétigny, Boys (non identifié), Marcoussis, Molières, Lymours, Janvry, Forges.

C’était une des plus importantes maladrerie du diocèse

Dés le 17ème siècle, les cas de lèpre deviennent rares et les asiles deviennent inutiles. La maladie régresse depuis un siècle environ.Les années 1600 – 1740 se caractérisent par des regroupements qui se font au bénéfice des villes et des bourgs. Le 31 août 1697 La maladrerie Saint Lazare de Linas est unie à l’Hôtel Dieu de Montlhéry par arrêt du conseil d’Etat de sa majesté ; Le 10 juin 1698 c’est registré au parlement

Un arrest de la cour de parlement du 30/12/1728 précise :

  • Art.23 « Les pauvres malades de Montlhéry et de Linois seront indistinctement reçus dans ledit Hôtel Dieu en sorte néanmois que les 8 lits étant à présent dans ledit Hôtel Dieu, il y en ait cinq affectés pour Montlhéry et trois pour Linois… »
  • Art. 24 « Il y aura deux chambres séparées pour les malades, l’une pour les hommes et l’autre pour les femmes »

Les biens et revenus de la maladrerie de Linas sont unis à l’Hôtel Dieu de Montlhéry et les revenus des deux établissements sont affectés à la nourriture et à l’entretien des malades démunis reçus dans l’hôpital.

Les Filles de la charité

Lettres de patentes du Roi en 1658 qui les mettent sous sa protection. Elles prononcent des vœux simples, pauvreté, chasteté, obéissance, secours aux pauvres. Le recrutement se fait dans les filles du peuple 80% de villageoises, 20% petite et moyenne bourgeoisie. La coutume était d’appeler « SŒUR » l’hospitalière qui assurait le service aux malades. Leur rôle étaient d’assurer le service aux malades, la cuisine, la lingerie, le jardin, l’apothicairerie, l’école….. Et tout ça dans un cadre de discipline religieuse.

Les malades

L’Hôtel Dieu accueille les pauvres qui sont malades. Mendiants et vagabonds sont enfermés dans les « hôpitaux généraux »

Conditions d’admission

Seuls les habitants de Montlhéry ou de Linas étaient admis. Ils leurs fallait un certificat de pauvreté, un examen du médecin de l’hôpital, une décision finale de l’administrateur, et en dernier ressort, l’Hôtel Dieu devait avoir assez d’argent

Les enfants

Les enfants trouvés abandonnés, ou orphelins étaient accueillis à l’Hôtel Dieu. Leur entretien et leur éducation sont à la charge de l’établissement qui les reçoit.

Le personnel médical

Que ce soit dans les statuts de 1701 ou de 1728, il n’est fait aucune mention du personnel médical. Le personnel de l’Hôtel Dieu est composé d’1 médecin et d’1 chirurgien. Ils n’apparaissent pratiquement pas dans les comptes de l’Hôtel Dieu en déduction, ils intervenaient souvent à titre gracieux. Le chirurgien doit accompagner le médecin dans ses visites. Il ne doit entreprendre aucun acte sans lui en avoir demandé l’accord.

Les inventaires

En ce qui concerne l’Hôtel Dieu, entre 1701 et 1793 seuls 7 inventaires ont été retrouvés. Ces inventaires étaient réalisés soit par les administrateurs ou les religieuses. Mêmes s’ils sont incomplets, ils fournissent de nombreux renseignements sur le fonctionnement et l’organisation de l’Hôtel Dieu. On passe de 4 pièces en 1701 à 18 en 1793. Sur l’ensemble du siècle l’Hôtel Dieu a compté jusqu’à 25 pièces. Quelques pièces recensées :   2 chambres de malades, Une apothicairerie, une cuisine, une menuiserie, une bibliothèque, une école, une cave, une chambre à lessive, la chambre des sœurs, la chambre du bureau, une fruiterie, un petit salon, un vestibule, une lingerie, un cabinet à coté de la cuisine, un jardin, … diverses petites chambres…la salle des morts

Les chambres ou salles des malades: Elles sont séparées en fonction du sexe et non pas de la maladie. Elles comprennent 4 à 5 lits par chambre, possèdent chacune un autel, plusieurs chaises et des tableaux religieux aux murs. La chambre des sœurs, elle est placée pas très loin de la chambre des malades au 1er étage, le mobilier est modeste, en 1701,1 seul tableau religieux, 7 en 1791. La chambre du bureau, elle servait aux réunions des administrateurs, aux stockage du linge et habits des sœurs. C’est la pièce la mieux meublée de l’hôtel Dieu.

Les autres pièces, la cuisine était certainement située au rez-de-chaussée de l’Hôtel Dieu. La menuiserie, servait certainement pour la réparation du mobilier en bois. L’apothicairerie, était une pièce de première importance. Les sœurs y préparaient les remèdes, pratiquement vide en 1701 et avec 263 éléments en 1791. La bibliothèque comprenait 9 livres en 1701et 15 en 1751, tous des ouvrages religieux. L’école était très peu meublée, 2 tables, 12 bancs et un autel.

La révolution bouleverse l’organisation des hospices par la suppression des ordres religieux, la nationalisation des biens des hôpitaux. Les hôpitaux sont confiés aux communes par la loi du 16 vendémiaire 1796 et mise sous la surveillance des préfets en 1800. Après une période de laïcité révolutionnaire, le décret de 1809 donne la possibilité de confier le service intérieur des hôpitaux à des sœurs hospitalières venant de congrégations autorisées par l’Etat. En 1905 la loi de séparation de l’église et de l’Etat stoppe l’activité charitable des congrégations et on parle d’hôpital civil. Les sœurs restent à Montlhéry. En 1923, l’Hôtel Dieu est de nouveau nommé hôpital-hospice

Le 24 février 1943, un avis favorable au maintien des religieuses à l’hôpital-hospice est prononcé. Le 22 novembre 1949 les religieuses quittent l’hospice par manque de vocation. A partir de cette date, l’hospice n’a cessé de s’agrandir. En août 1953,il y a aliénation de la ruelle hospice au profit de celui-ci, en septembre 1958 pour l’extension de l’hospice, l’école de musique (place Saintin) est désaffectée. Elle était à cet endroit depuis le 18 juin 1890. En janvier 1959 il y a cession de l’école de musique à l’hospice. En février 1960 un accord de cession l’école des filles et de la maternelle est signé et en avril 1962 l’école et de la salle de musique est cédé à l’hospice.

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