Procès-verbal du 30 avril 1810 relatant un mariage sur le registre des délibérations du Conseil Municipal
Cérémonie du mariage d’un ancien militaire avec une fille dotée par la commune, qui a eu lieu le 29 avril 1810.
Dans sa séance du 12 du même mois, le conseil municipal ayant arrêté qu’il y avait lieu à user de la faculté accordée à toutes les communes de l’Empire, de célébrer le mariage de Sa Majesté l’Empereur et Roi, avec l’archiduchesse Marie-Louise, en mariant un ancien militaire avec une fille vertueuse, conformément au Décret Impérial du 24 mars précédent ; et cette délibération ayant été approuvée par monsieur l’Auditeur au Conseil d’Etat, Sous-Préfet de l’arrondissement, le sieur Jacquet Turon et la demoiselle Joly devraient être mariés ensemble le jour de Pâques 22 avril ; mais ce mariage ne peut pas avoir lieu ce jour-là, d’après les ordres de son excellence monsieur le Ministre de l’Intérieur, transmis par Monsieur le Sous-Préfet à Monsieur le Maire, et d’après lesquels il était remis au lendemain, lundi.
Ce jour étant celui du marché de la ville, M. le Maire crut devoir remettre la cérémonie au dimanche suivant pour d’une part ne point déranger les habitants de leurs travaux et d’une autre part, donner plus de solennité à une fête aussi importante.
En effet, dès le 27, M. le Maire fait annoncer au son du tambour que le mariage aurait lieu le surlendemain, et qu’il invitait ses concitoyens à concourir, autant qu’il était en leur pouvoir à l’embellissement de cette cérémonie.
Le dimanche 29, il fut battu dès le matin, différents rappels pour réunir le détachement de la Garde Nationale qui avait été commandée à l’avance.
A onze heures et demi, M le Maire, son adjoint, les membres du conseil municipal, les autres fonctionnaires et les employés publics étaient réunis à la mairie et la garde nationale sous les armes, ils se sont formés en cortège se sont aller chercher les futurs époux qui se trouvaient chez le père de la demoiselle Joly.
A midi, le cortège était de retour à la mairie où M. l’adjoint, en vertu de la délégation spéciale de M. le Maire, a, en présence des autorités civiles, fonctionnaires et employés publics, MM. les commandant et adjudant-major ainsi que les officiers de service et après avoir lu aux futurs époux les articles du code Napoléon relatifs au mariage, prononcé que le sieur Turon, ancien militaire, choisi par la commune, et la demoiselle Joly, agréée pour la future épouse, étaient unis en mariage.
Cela fait, M le Maire a lu un discours où il a peint la bonté de Napoléon l’Empereur et Roi, qui avait voulu que son mariage avec l’archiduchesse Marie-Louise fût marqué par des actes d’indulgences et de bienfaisances et combien était glorieux pour les époux d’être le choix du conseil municipal, qu’ils devaient honorer ce choix en pratiquant les devoirs de bon citoyen et femme vertueuse.
Ensuite, le cortège augmenté des époux et de leur famille, s’est rendu à l’église où M le curé desservant a fait une exhortation aux époux, et prononcer un discours analogue à la circonstance par lequel il a démontré tous les avantages que les français retireront du mariage de leurs Majestés puisqu’il assurait la paix continentale.
Ce discours terminé, il a été chanté en action de grâce et en mémoire du mariage de leurs Majestés, un Te Deum qui a été suivi d’un domine salvum fac imperatorem.
Après le cortège a parcouru les rues et places principales de la ville et est revenu à la mairie où la Garde Nationale a été congédiée par son commandant qui l’a félicité du zèle qu’il avait mis à se rendre à son devoir.
A deux heures, les autorités civiles, fonctionnaires publics et employés, accompagné du commandant et de l’adjudant-major ainsi que des nouveaux époux et de leurs parents, se sont réunis en un banquet commandé à l’avance au nom du conseil municipal, où a régné la gaité la plus franche, et où ont été portés différents toasts à la gloire de leurs Majestés et des armées françaises.
A quatre heures et demie, il y a eu bal public et gratuit, place de la Souche, et à la chute du jour, il y avait dans cette place des illuminations assez brillantes et un transparent qui faisait distinguer les chiffres de leurs Majestés. Une grande partie des habitants de la ville ont illuminé la façade de leurs maisons.
A près de minuit, chacun s’est retiré.
Ainsi s’est terminé ce tout à jamais mémorable où le temps fut d’accord avec les bonnes intentions des habitants de la commune.
M le Maire se plait à rendre justice au zèle de ses concitoyens et à la bonne grâce que M. le curé a mis à seconder les membres du conseil municipal ; il se plait aussi à faire mention de l’ordre qui a régné dans cette fête et auquel le service d’un détachement de la Garde Nationale n’a pas peu contribué.
De tout ce que dessus, il a été dressé le présent procès-verbal que MM le Maire, adjoint, membres du conseil, fonctionnaires et employés publics, ainsi que les commandant, adjoint et officiers de service ont signé.
A Montlhéry, en la mairie, ce trente avril 1810.